Diriger dans un monde instable : les clés du leadership en 2026
Le cabinet Robert Walters a récemment organisé une table-ronde exclusive sur le thème « Diriger dans un monde instable », animée par Gerrit Bouckaert, CEO Recruitment du cabinet, Stéphanie Sabau, Managing Director France, et Aude Boudaud, Director Recruitment. Une rencontre qui a permis de réunir des dirigeants d’entreprises pour partager et échanger sur leurs enjeux, stratégies et vision.
Croissance à long terme vs rentabilité à court terme : un équilibre délicat
Dans un contexte où la stabilité n’est plus la norme mais l’exception, les dirigeants doivent composer avec des impératifs parfois contradictoires : sécuriser la performance immédiate tout en investissant dans des transformations indispensables telles que l’IA ou la transition écologique. « La gouvernance joue un rôle central dans cet arbitrage : les administrateurs, longtemps perçus comme des contrôleurs, s’imposent désormais comme de véritables respirations stratégiques, offrant aux dirigeants l’espace nécessaire pour maintenir le cap malgré les pressions court terme », observe Gerrit Bouckaert.
Ces échanges ont permis de mettre en lumière l’importance d’un comité exécutif agile et bien structuré. Définir clairement les rôles au sein du comex, réduire sa taille en période de crise, consacrer les temps de réunion aux prises de décisions plutôt qu’à l’information : plusieurs pratiques ayant pour objectif de protéger l’agilité et d’éviter les zones grises sont ressorties de ces échanges.
La constitution d’un comex doit refléter la stratégique plutôt que l’organigramme, tout en intégrant des profils variés, parfois temporaires selon les projets, afin de répondre aux défis stratégiques. Réduire le temps consacré à l’information, au profit de décisions rapides et impactantes est également devenu une nécessité dans ce monde en mouvement perpétuel.
Bien-être vs exigence : vers une performance saine
Le bien-être des collaborateurs n’est désormais plus un luxe mais un levier essentiel de performance. « Concilier bienveillance et exigence dans un environnement souvent marqué par l’incertitude est essentiel, explique Aude Boudaud. On a pu observer le cas d’une entreprise illustrant parfaitement cette démarche : avant de transformer leur culture d’entreprise, ils ont travaillé sur la libération de la parole au sein du comex, affichant ainsi leur vulnérabilité et permettant d’instaurer un climat de confiance. »
L’importance du feedback a également été soulignée, notamment à travers la notion de conflit productif. Il repose sur une culture ouverte et sur la sélection délibérée de profils capables de gérer les désaccords de manière constructive, transformant ainsi les divergences en source d’innovation et d’efficacité pour l’organisation. Toutefois, certains dirigeants ont pu évoquer des freins potentiels liés à la personnalité du PDG de l’organisation ou à des cultures organisationnelles trop autoritaires, qui inhibent l’expression des opinions, limitent le feedback et nuisent à la prise de décision collective. Pourtant, accueillir la contradiction est essentiel pour préserver une dynamique réellement constructive.
Pour créer un engagement durable, trois leviers sont ainsi identifiés : l’inclusion, à travers la diversité des profils, l’individualisation, grâce aux parcours adaptés, et l’intégration, via une collaboration transversale par exemple. Ces éléments permettent non seulement de motiver les équipes, mais aussi de renforcer leur adhésion à une vision commune.
Transformation technologique vs stabilité organisationnelle
L’intelligence artificielle s’impose comme un catalyseur incontournable de transformation. Si elle promet des gains significatifs en termes de productivité, elle pose aussi des défis humains majeurs. « Une utilisation excessive de l’IA pourrait mener à une certaine perte de compétences, alerte Stéphanie Sabau. Il est plus que jamais nécessaire de réfléchir à l’intégration de l’IA au sein des organisations, en utilisant ses capacités pour collecter des données, tout en laissant aux humains le soin d’interpréter et de décider ».
Le dirigeant devient alors un point fixe dans l’organisation, garantissant pédagogie et confiance face aux bouleversements technologiques. Toutefois, ces évolutions rappellent que le leadership moderne ne peut plus être solitaire : entre coaching externe, advisors spécialisés et réseaux professionnels, les dirigeants doivent s’entourer pour naviguer avec succès dans ce monde instable et complexe.
Cette table-ronde a mis en lumière les paradoxes auxquels sont confrontés les leaders aujourd’hui : accélérer sans précipiter, innover sans perdre en stabilité, et diriger avec agilité tout en maintenant une vision stratégique forte. Plus que jamais, le leadership repose sur la capacité à inspirer confiance, à fédérer autour d’une mission claire et à prendre des décisions éclairées dans un environnement complexe.
Pour en savoir plus :
Stéphanie Sabau
Country Managing Director, Paris
Stéphanie Sabau débute sa carrière en Asie du Sud-Est, avant de rejoindre le secteur du recrutement en France en 2000. Elle rejoint le cabinet Robert Walters en 2025 au poste de Country Managing Director.
Aude Boudaud
Director, Paris
Diplômée de Sciences-Po Paris, Aude débute en finance dans de grands groupes en France et à l’international. Depuis 2011, elle accompagne les ETI, grands comptes & fonds d’investissement.
Articles similaires
Voir tout le contenuFort du succès de notre roadshow mondial AI in Action en 2025, nous sommes heureux de vous inviter à découvrir le webinaire associé. Faye Walshe, Directrice de l'Innovation chez Robert Walters et ancienne intervenante au LinkedIn Talent Connect, vous propose une session riche et concrète pour exploi
En savoir plusÀ quelques mois de l'entrée en vigueur de la directive européenne sur la transparence salariale, 54% des entreprises françaises ne sont pas prêtes. Cette réforme impose de nouvelles obligations en matière d'égalité salariale hommes-femmes, de communication des fourchettes de salaires dans les offres
En savoir plusDans un contexte économique sous tension avec des investissements plus sélectifs, la fonction Finance s’impose comme un centre névralgique de la performance. Selon l’étude de rémunération Robert Walters, les augmentations moyennes attendues pour les cadres en Finance devraient atteindre +6% en 2026.
En savoir plus