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Dans un contexte de digitalisation accélérée, la cybersécurité s’impose comme une composante incontournable de la stratégie d’entreprise. Le Responsable de la Sécurité des Systèmes d’Information (RSSI) joue désormais un rôle central, à la croisée de la technologie et de la gouvernance. Thibault Gautherot, Principal au sein de la division Technology, Data & Digital de Robert Walters, partage son analyse sur cette fonction devenue essentielle à la performance et à la résilience des organisations.
Le rôle du RSSI s’est considérablement renforcé au cours des dernières années. Initialement positionné comme un expert technique au sein de la DSI, il est désormais un acteur stratégique, directement impliqué dans la gouvernance globale de l’entreprise.
Son rôle est double. Il intervient d’une part en amont, en architecte de la cybersécurité, pour définir les politiques, les normes et les processus qui garantiront la résilience du système d’information. D’autre part, il joue un rôle opérationnel et réactif, notamment en cas d’incident ou de cyberattaque, où sa capacité à coordonner les réponses et à limiter les impacts est cruciale.
Cette évolution s’explique par la transformation profonde des environnements technologiques : migration vers le cloud, interconnexion des systèmes, essor des plateformes e-commerce et des applications mobiles… Autant de facteurs qui exposent davantage les entreprises aux menaces. En effet, dans le secteur de l’industrie, une attaque peut paralyser une usine entière ; dans le retail ou la banque, une fuite de données peut gravement nuire à la réputation de la marque.
Face à ces risques, la sécurité est désormais perçue comme un enjeu business à part entière. Le RSSI participe donc pleinement à la stratégie de groupe et, dans de nombreuses entreprises, siège désormais au comité de direction de la DSI.
La première étape consiste à réaliser un diagnostic complet du système d’information et des pratiques internes. Ce travail d’audit technique et organisationnel permet d’identifier les failles potentielles, qu’elles soient liées aux infrastructures, aux applications ou — très souvent — au facteur humain. En effet, une grande majorité des attaques trouvent leur origine dans une erreur ou une négligence humaine : clic sur un lien frauduleux, mauvaise manipulation, absence de vigilance.
À partir de ce constat, le RSSI élabore une feuille de route stratégique, combinant actions immédiates et projets de fond. Les mesures rapides (“quick wins”) visent à renforcer sans délai la protection de l’entreprise : authentification multi-facteurs, segmentation des accès, durcissement des mots de passe ou encore chiffrement des données sensibles.
En parallèle, des projets plus structurants sont déployés, tels que la migration vers un cloud sécurisé, la refonte des architectures réseau ou la mise en conformité avec les exigences réglementaires (RGPD, ISO 27001, NIS 2 etc.). Ces initiatives s’accompagnent d’une forte dimension d’accompagnement au changement : sensibiliser les collaborateurs, convaincre les directions métiers et instaurer une culture de la sécurité au quotidien.
Enfin, la stratégie de cybersécurité s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue. Chaque incident ou tentative d’attaque est analysé afin d’en tirer des enseignements et d’ajuster les dispositifs de protection. Cette boucle de retour d’expérience permet au RSSI d’adapter en permanence son dispositif face à un paysage de menaces en constante évolution.
Les RSSI s’appuient sur un ensemble de normes et de référentiels internationaux qui structurent leurs actions. La norme ISO 27001 constitue la référence la plus reconnue : elle définit les bonnes pratiques pour la mise en place d’un système de management de la sécurité de l’information (SMSI). Certaines entreprises vont jusqu’à se faire certifier pour valoriser leur niveau de maturité auprès de leurs clients et partenaires, tandis que d’autres s’inspirent simplement du cadre sans aller jusqu’à l’audit formel, compte tenu des coûts et des obligations de suivi que cela implique.
Sur le plan opérationnel, plusieurs outils technologiques sont devenus incontournables. Les solutions de type SIEM (Security Information and Event Management) permettent de détecter les tentatives d’intrusion en temps réel et d’alerter les équipes sur les comportements suspects. Les systèmes EDR (Endpoint Detection & Response) offrent une protection avancée des postes et serveurs en surveillant les anomalies et en déclenchant automatiquement des réponses adaptées.
À cela s’ajoutent les outils de chiffrement des données, les solutions de sauvegarde sécurisée ou encore les plateformes de gestion des identités et des accès (IAM), indispensables pour contrôler qui accède à quoi dans un environnement hybride et distribué.
L’objectif du RSSI est d’orchestrer ces différents dispositifs pour construire une défense en profondeur, combinant prévention, détection et réaction.
La cybersécurité est aujourd’hui un sujet transverse, qui dépasse largement le périmètre de la DSI. Le RSSI travaille en étroite collaboration avec l’ensemble des directions métiers – production, finance, RH, marketing, retail, etc. – pour identifier les points de vulnérabilité spécifiques à chaque activité et assurer une protection adaptée.
Dans le secteur industriel, cette collaboration s’étend jusqu’à la sécurité physique des sites, car un accès non autorisé à une usine peut ouvrir une brèche dans le système d’information. Dans le retail ou les services, les échanges avec les directions marketing et data sont essentiels pour garantir la conformité au RGPD et protéger les données clients.
Avec les équipes IT, le RSSI s’inscrit pleinement dans une logique “SecOps”, intégrant la sécurité dès la conception des projets informatiques. Là où la cybersécurité intervenait autrefois en fin de parcours, elle fait désormais partie intégrante du cycle de développement. Chaque nouveau projet – application, infrastructure cloud, outil collaboratif – est évalué à l’aune des risques de sécurité dès les premières étapes.
Enfin, le RSSI joue un rôle clé de formation et de sensibilisation. En multipliant les ateliers, simulations et programmes de formation, il renforce la vigilance des collaborateurs et favorise une culture collective de la cybersécurité.
Dans un contexte marqué par l’essor de l’intelligence artificielle, les menaces deviennent plus sophistiquées, mais ces technologies offrent également de nouveaux leviers de défense. Les profils de RSSI les plus recherchés sont d’ailleurs ceux qui maîtrisent à la fois les enjeux de sécurité, de data et d’IA — une combinaison rare et précieuse pour les organisations de demain.
Le RSSI est bien plus qu’un garant technique : il est devenu un acteur stratégique de la transformation numérique. En protégeant les données, les infrastructures et la réputation de l’entreprise, il en assure la continuité, la conformité et la crédibilité. Dans un environnement où la confiance est un actif clé, son rôle s’impose désormais comme un pilier de la réussite durable des organisations.
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Thibault Gautherot
IT & digital, Paris
Fort d’une expérience en environnement SAP, qu’il étend à l’ensemble des ERP, Thibault rejoint la division IT & Digital en 2015 et est aujourd’hui Manager de cette practice.
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