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Le management de transition, une opportunité pour se tester

 

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En enchaînant les missions de management de transition, les directeurs juridiques accroissent leurs compétences et se challengent sur de nouveaux enjeux. Explications et retours d’expérience.

Que vaut un directeur juridique après de longues années passées dans la même entreprise ? Peut-il encore se saisir d’une problématique inédite, s’imprégner rapidement d’une culture d’entreprise et de pratiques nouvelles, se confronter à d’autres interlocuteurs ? Véritable challenge pour les juristes aguerris, le management de transition représente un mode alternatif de pratique du métier, en plein essor* :

« Nous avons créé notre activité de management de transition il y a 3 ans, et celle-ci croît annuellement de 30 % », indique Amélie Lobry, en charge du management de transition au cabinet de recrutement Robert Walters.

Le principe : une entreprise fait appel à un directeur juridique de transition lorsqu’elle a besoin d’un profil expérimenté, sur un sujet précis (par exemple une restructuration interne, la fusion de deux équipes juridiques, une introduction en Bourse, etc.), en cas de vacance du manager (notamment si elle n’a pas les moyens ou la possibilité d’en recruter un rapidement) ou encore en renfort de l’équipe existante.

« Dans 80 % des cas, le directeur juridique de transition passe par une société de portage salarial pour assurer ses missions, dont la durée tourne autour de 9 à 12 mois », précise Amélie Lobry. Le rôle de Robert Walters (et des sociétés similaires) consiste à mettre en relation l’entreprise demandeuse avec les responsables juridiques désireux de s’adonner à cette nouvelle pratique de leur métier.

Ces derniers font part de motivations diverses :

« J’ai décidé de devenir manager de transition suite à un plan de départ volontaire chez mon ancien employeur, une grosse société dans laquelle j’ai passé plus de 15 ans, raconte Catherine Balan-Schmitt, actuellement senior legal counsel chez un fournisseur de gaz et d’électricité. Je souhaitais me confronter à un nouveau secteur, dans une entreprise de taille différente, c’était l’occasion de tester mes capacités d’adaptation et d’enrichir mon expérience ».

Des missions pour se repositionner

Pascal Quint, qui pratique le management de transition depuis 4 ans, abonde dans le même sens : « J’ai quitté mon ancien employeur, une grosse société internationale, pris du recul, et réalisé que je ne voulais pas repartir dans un poste équivalent, mais plutôt m’ouvrir à de nouvelles pistes ». Avantage : alors qu’il faut plusieurs semaines émaillées d’entretiens à un responsable juridique pour se faire embaucher, une mission de management de transition démarre rapidement.

Certains juristes recourent au management de transition entre deux postes, lorsqu’ils sont « à l’écoute du marché », ce mode d’exercice leur permet de se faire une meilleure idée de ce qu’ils veulent, tout en étant actifs et en acquérant de nouvelles compétences. Autre cas de figure : les directeurs juridiques en fin de carrière peuvent trouver dans le management de transition, une manière d’aller jusqu’à la retraite sans se remettre sur le marché classique de l’emploi. Enfin, certains « pure-players » de la transition y voient un mode d’exercice idéal et récurrent, empreint d’une certaine liberté. « Lorsque vous êtes en transition, vous êtes par définition de passage. Vous êtes donc libéré des pressions politiques internes, des enjeux de pouvoir, ce qui est très appréciable », explique Pascal Quint.

« Dans un contexte interne difficile, le manager de transition peut dire les choses, y compris celles qui ne sont pas agréables à entendre, prendre des décisions parfois compliquées pour quelqu’un qui serait en poste. Ce qui aboutit à une plus grande efficacité ».

Un rôle généraliste Catherine Balan-Schmitt assure une mission de transition de 7 mois, en remplacement d’une responsable juridique en congé de maternité : « J’apporte un regard extérieur au sein de l’équipe de deux juristes, nous avons des échanges constructifs. D’emblée, je connaissais la durée de la mission et les principales tâches : sécurisation des contrats, montage d’offres avec les commerciaux, support de la relation client et des opérationnels, précontentieux, etc. Je sais à l’avance que je n’aurai pas le temps de voir aboutir certains dossiers, c’est le petit bémol, mais je retire au final un grand enrichissement de l’expérience ».

Pour se lancer dans l’aventure de la transition, mieux vaut posséder certaines qualités :

curiosité d’esprit, adaptabilité, ouverture aux autres… sans forcément être un spécialiste du secteur ou du droit des entreprises recruteuses. « Avant tout, il s’agit d’être un manager, de prendre des décisions efficaces, voire parfois, en situation de crise, d’être une sorte de pompier », résume Pascal Quint. Au final, débarrassé des contraintes de l’interne, le directeur juridique de transition revient aux fondamentaux de son métier.

* croissance régulière de 14 à 17 % par an depuis 4 ans, selon le panéliste Xerfi, étude de 2017.